La garrigue Montpelliéraine : Paléobotanique
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Les origines de la flore

La flore méditerranéenne est d’une diversité étonnante. Elle est le produit d’une évolution complexe depuis la nuit des temps géologiques jusqu’à nos jours et pour l’essentiel le fruit d’une adaptation aux variations climatiques du Quaternaire.

Pour comprendre ces mécanismes, il est nécessaire de remonter le temps.

Un aperçu botanique à la fin du Pliocène (ère tertiaire) : de -5.3 à -1.7 millions d’années.

Dans l’ensemble, pendant cette période, les températures étaient supérieures de 5° à la moyenne actuelle et les précipitations ont du être très abondantes. Les végétaux vivaient dans un climat sub-tropical semblable au sud-est des Etats-Unis. Des essences végétales qui vivaient à cette époque dans la région croissent actuellement dans le sud des Etats-Unis (le tulipier et le palmier-sabal). Le ginko et une espèces de camphrier qui s’épanouissent dans le sud de la Chine sont d’anciens indigènes de la région, ainsi qu’un houx et un laurier qui habitent aujourd’hui les Iles Canaries. De nos jours ces végétaux seraient incapables de se régénérer spontanément en nos régions. Malgré cela, la flore du Pliocène n’était pas très différente de la flore actuelle. En effet, 67% des espèces pliocènes sont à l’origine de la flore encore visible de nos jours dans la garrigue. La végétation du Languedoc est l’héritière directe de cette flore tertiaire, l’on retrouve les espèces demeurées permanentes depuis cette époque : le chêne Kermès, le chêne vert, l’érable de Montpellier, le filaire, le laurier-tin…
La fin du Pliocène marque une ère de bouleversements extrêmement rapides et une baisse rapide des températures. Dans certains cas les espèces les plus rustiques ont pu s’adapter en profitant de micro climats chauds et abrités, cela expliquerait de nos jours la présence de reliques constituant au milieu de la garrigue des colonies bien circonscrites.

Les variations climatiques du Quaternaire (de -1.7 millions d’années à aujourd’hui) et les conséquences paléobotaniques

Le Quaternaire a soufflé le chaud et le froid. Chaque abaissement de température et avancée glaciaire fut néfaste aux espèces autochtones méditerranéennes et provoqua par conséquent un recul de la flore vers le sud. En revanche les périodes interglaciaires et la longue phase post-glaciaire qui suivit le Wurm (dernière période de glaciation de -115.000 ans à -10.000 ans) permirent à la flore méditerranéenne de reconquérir le nord.

Les reliques végétales des phases froides

Les preuves paléobotaniques de la descente des espèces des régions froides sont encore nombreuses dans le Languedoc et dans la garrigue. On peut citer :
- la forêt de hêtres de Valbonne, entre la Cèze et l’Ardèche qui culmine à 250 mètres et qui est constituée d’un peuplement naturel de hêtres implantés lors d’une avancée glaciaire et qui s’y sont perpétués depuis,
- la présence dans la plaine de Montpellier, au milieu des prairies humides, de très nombreuses espèces dont l’habitat est situé en haute montagne (graminées),
- les vestiges sous la chênaie d’yeuse des basses garrigues de l’amélanchier, l’alouchier, la benoite, le fraisier, la mélisse…
- les forêts éparses de chênes pubescents, et sur les sols élevés et pauvres de type dolomitique les pins sylvestres et les pins Salzmann. Les périodes glaciaires ont eu pour résultat en laissant derrière elles des reliques végétales d’accroître la complexité de la végétation des garrigues.

La reconquête post-glaciaire par la chênaie d’yeuse (chênes verts)

Dans la première période de réchauffement, les garrigues sont conquises par le chêne pubescent et l’érable de Montpellier, deux arbres à feuilles caduques adaptés à l’abaissement des températures saisonnières hivernales encore rigoureuses.
Dans la deuxième période plus sèche, la flore méditerranéenne accomplit une contre-offensive générale. Les chênes verts se mêlent aux chênes pubescents, encerclant ceux-ci dans les stations plus fraîches et les repoussant vers les hauteurs.

 

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