Catastrophes météos et climatiques dans l'Hérault
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Les types de temps remarquables à travers le temps

On arrive à retrouver des phénomènes excessifs de météo sur une période de cinq ans, mais il faut souvent faire référence à dix ans pour rencontrer tous les types de temps et vérifier les manifestations extrêmes. C’est à partir de trente années que l’on peut vivre des événements météorologiques uniques. Et puis, depuis peu, ce sont les périodes de cinquante et même cent ans qui servent de référence à l’obtention des permis de construire dans les zones sensibles (soit un grand nombre des communes héraultaises).

Les grands cycles du climat

- entre 1939 et 1943, ou encore durant l’hiver 1946-1947, les hivers sont sévères ;
- à partir de 1950 et jusqu’à 1959, la tendance est à la stabilisation de la rigueur hivernale, même si février 1956, terrible, demeure fixé dans toutes les mémoires ;
- durant la décennie 1960-1969, le refroidissement prédomine et les températures très basses l’hiver se poursuivent durant les autres saisons, l’hiver 1962-1963 particulièrement apporte le froid jusqu’au cœur des plaines de l’Hérault (-5° à -10°). La neige accompagne abondamment le froid, notamment pendant la violente tempête de Sud en 1967. Les épisodes cévenols se succèdent intensément et les inondations se répètent en 1965, 1966 et 1969 ;
- les années 1970-1979 voient se relâcher le froid et le retour de la sécheresse. Entre 1971 et 1976 le déficit de pluviométrie est persistant et le froid peut faire des apparitions intempestives hors saison en 1974 et 1975 ;
- les hivers sont froids entre 1980 et 1989, prenant des proportions depuis longtemps oubliées. Les chutes de neige sont abondantes en 1980 et 1981 jusqu’au bord de la Méditerranée. Le département de l’Hérault est terriblement affecté chaque automne de 1984 à 1987 par des pluies diluviennes et de terribles inondations touchent l’Hérault, le Lez et l’Orb. La tendance à la sécheresse est parsemée de trombes d’eau localisées, transformant les ruisseaux et les cours d’eau en véritables oueds, de plus en plus dangereux ;
- les évolutions constatées précédemment se poursuivent pendant la décennie 1990-1999, où les hivers sont doux mais où les phénomènes violents s’accentuent. Une série de catastrophes ininterrompue se déclenche touchant tout le grand Sud (on se rappellera de Vaison-la-Romaine) et deux cataclysmes dévastent le territoire national : vaste tempête de sud en 1997 et véritable ouragan du siècle en 1999. Pendant le reste de l’année, la sécheresse devient préoccupante ;
- la décennie 2000, largement entamée, connaît une accalmie relative, ponctuée par les extrêmes : inondations de septembre 2002, de décembre 2003 et de septembre 2005, sécheresse et canicule de l’été 2003.

Les grands excès de la météo dans le temps

La caractéristique principale de ces tempêtes (neige, froid, inondation) est leur soudaineté et leur survenue dans des périodes de temps calme.

Froid et neige

- 2 au 29 février 1956 : grand froid pendant un mois complet avec de très fortes gelées de -12° à -30° selon les expositions locales et l’altitude, froid tardif qui fait suite à un hiver très doux. De nombreuses plantes et les vignes subissent des dégâts considérables ;
- grand hiver 1962-63 : c’est un hiver moins intense au niveau des températures, mais très long sur la montagne Languedocienne et tout de même 8 à 10 jours de gels complets sur les plaines ;
- froid très intense et soudain en janvier 1985 et puis du 10 au 25 février 1985 : jusqu’à -8° en plaine ;
- le 6 mai 1985 une abondante chute de neige paralyse l’ensemble de la montagne Héraultaise (15 à 20 cm de poudreuse de Saint-Pons-de-Thomières à la Salvetat-sur-Agoût) et fait quelques incursions en plaine ;
- les 13 et 14 janvier 1987 : neige sur tout le département pendant une journée complète, le cumul neigeux atteint plus de 20 centimètres à certains endroits. On skie autour de l’Etang de Thau ;
- le froid et la neige se manifestent du 26 décembre 1996 au 7 janvier 1997, dans un contexte de douceur hivernale : en février, mars et avril les températures dépassent souvent les 20° sous un chaud soleil amené par l’anticyclone des Açores.

Inondations et pluies diluviennes

Les phénomènes localisés et très violents sont la hantise des Héraultais. Le problème : les risques sont partout présents et vites oubliés de génération en génération.

Ainsi l’épisode dramatique du Vernazobre à Saint-Chinian, survenu le 12 septembre 1875 a disparu de toutes les mémoires. Des trombes d’eau on fait monter le lit du ruisseau, le transformant en véritable torrent de boue, tuant une centaine d’habitants de Saint-Chinian, détruisant 150 maisons. Voici quelques autres événements mémorables qui se sont déroulés dans l’Hérault :

- crue séculaire à Béziers de 1953, Puisserguier reçoit déjà un orage démentiel (263 mm en 24 heures) et un phénomène torrentiel se produit ;
- crues catastrophiques du 3 et 4 puis du 7 novembre 1962 sur le bassin de l’Orb, très ressenties à Béziers. l’Orb étant alimenté par les pluies diluviennes déversées sur les bassin de la Mare et du Jaur ;
- le haut bassin de l’Orb est touché le 13, puis les 17 et 18 octobre 1969 : toute la plaine biterroise connaît des inondations d’ordre décennal. Les faubourgs de Béziers sont recouverts par 1.50 m d’eau ;
- pluviométrie exceptionnelle les 25-26 octobre 1979, essentiellement dans le bassin du Lez et de l’Hérault, la crue de l’Orb étant de moindre importance. Le système de convection suit une trajectoire de Montpellier à L’Aigoual, on mesure 326 mm d’eau à Castelnau-le-Lez ;
- pluies incessantes entre novembre et janvier 1995-1996, correspondant aux plus fortes valeurs enregistrées depuis 50 ans. Ainsi, il est tombé de 400 à 1500 mm de plus que la moyenne sur la plaine biterroise jusqu’à Espinouse (2090.7 mm à Castanet-le-Haut et 681 mm à Cazouls-les-Béziers). Le niveau monte à 9.42 m à Tabarka (près de Béziers, le faubourg et toute la plaine biterroise sont sérieusement inondés ;
- les 16 et 17 décembre 1995 des pluies intenses provoquent une crue à la Salvetat-sur-Agoût ;
- le 28 janvier 1996, des trombes d’eau provoquent un véritable torrent dans le centre de Puisserguier, tuant 4 personnes ;
- véritable mousson méditerranéenne du 13 au 15 octobre 1996, centrée sur le bassin du Thoré, provoquant une très forte crue de l’Agoût et une très forte pluviométrie sur le bassin de l’Orb. Les cumuls de pluie sont importants : Murat-sur-Vèbre (Tarn) (304mm), Lodève (298mm) et Fraïsse-sur-Agout (366mm). Crue sans conséquence à Béziers où le niveau atteint 11.20 sous le Pont Neuf ;
- à nouveau, intempéries en décembre 1996 et crue de l’Orb à Béziers où l’eau monte à 12.80m sous le Pont Neuf ;
- séquence cévenole du 4 au 6 novembre 1997, touchant plus particulièrement le bassin de l’Orb. Murat-sur-Vèbre (Tarn) reçoit 230 mm et 507 mm d’eau s’accumulent aux Plans en 48 heures. Ces cumuls provoquent une crue de l’Orb et la côte atteint 11.55 m à Béziers. La Lergue est également en crue ;
- une des plus terribles tempêtes du siècle se déchaîne sur tout le pourtour du Golfe du Lion du 16 au 19 décembre 1997. C’est une tempête de Sud et le littoral est balayé par des vents à plus de 100 km/h, empêchant de fait tout écoulement des eaux douces vers la mer. La plupart des cours d’eau dépassent les côtes d’alerte, l’Orb est à 12.35 m sous le Pont Neuf à Béziers et les villages de la plaine biterroise, Sérignan, Sauvian, Villeneuve-lès-Béziers et Valras-Plage sont sous les eaux. Sur le bassin de l’Hérault se déversent plus de 500 mm en 2 jours. La neige accumulée sur le Larzac fond en même temps, ce qui provoque, malgré les retenues et barrages, des inondations sur les bas quartiers de toutes les villes et tous les villages situés sur son cours : Usclas-d’Hérault, Cazouls-d’Hérault, Canet et Gignac où la côte de l’Hérault atteint 8.20 m. Le haut bassin de l’Agoût est touché à son tour et les communes d’Olargues, La Salvetat-sur-Agoût, Bédarieux et Saint-Gervais-sur-Mare sont reconnues en état de « catastrophe naturelle » ;
- une évolution météorologique similaire se produit lors du cataclysme de novembre 1999. Les pluies torrentielles touchent l’Espinouse et par conséquent le bassin de l’Orb (côte de 11.60 m sous le Pont Neuf à Béziers), provoquant des crues limitées sur le Jaur et la Mare ;
- les 4 et 5 décembre 2003, une tempête de Sud, très venteuse, avec une forte pluviométrie sur le département, touche à nouveau les bassins de l’Hérault, Le Lez et la Mosson et dans une moindre mesure le bassin de l’Orb. Les eaux de la Mosson et de l’Hérault ne peuvent se jeter dans la Méditerranée et provoquent des inondations à partir de Canet et Bélarga et plus bas dans la plaine à Lattes, Mauguio, Villeneuve-lès-Maguelone et Maurin ;
- le 8 septembre 2005, après des pluies torrentielles due à un phénomène cévenol, une inondation catastrophique touche le Gard et une partie de l’Hérault. Le bassin du Lez est concerné, Montpellier a les pieds dans l’eau et la ville est déclarée en « catastrophe naturelle ».

Bibliographie :

Excès climatiques sur la montagne languedocienne de Pierre Miquel
Météo du Sud de Jean-Christophe Vincendon – Editions Loubatières
Crues et inondations dans la France Méditerranéenne de Freddy Vinet – Editions du temps.